Comme tous les êtres vivants, nous avons chacun.e une utilité sur cette terre. C’est notamment ce qui garantit l’équilibre de notre écosystème. Il est possible de nommer cela une mission de vie. Par exemple, les  barrières de corail, si cachées soient-elles, représentent un terrain vital pour les animaux marins. Idem pour la chenille qui, si petite soit-elle, à chaque feuille percée, permet à la lumière de passer et de faciliter ainsi la photosynthèse des arbres. C’est également le cas de toute plante qui, si discrète soit-elle, dégage l’oxygène que nos poumons absorbent quotidiennement.

Notre biodiversité étant extraordinairement étendue, je vais m’arrêter là. Je pense, en revanche,  que tu as suivi le raisonnement.

Forte de ce constat, j’ai donc fini par réaliser que moi aussi, femme afro-descendante, sur cette terre j’avais une utilité et par conséquent une tâche à accomplir. J’ai alors découvert  tardivement que je devais écrire.

Ecrire pour moi

Pour rappel, comme je l’ai mentionné, dans mon précédent article, c’est le surgissement brutal de la douleur après cette séparation avec un homme qui m’a poussé à écrire. Bouleversée par mes émotions, j’ai reçu l’appel d’une petite voix familière, que je décidais pour la première fois d’écouter.

Celle-ci m’ordonnait de me libérer de cette amertume que je conservais malgré moi. La vision d’écrire m’est venue dans la foulée.

Je comprenais de facto, qu’écrire possédait des vertus thérapeutiques et qu’il fallait que je passe par là, afin de répondre à tant de questions qui m’habitaient et dont l’absence de réponses me faisait saigner de l’intérieur.

Ecrire est alors devenu à mes yeux, une expérience qui allait me permettre d’aller de l’avant, pour transcender ce mal avec lequel je cohabitais depuis trop longtemps.

Ce mal qui m’a empêché de vivre durant tant d’années des unions équilibrées avec les hommes afros.  J’ai donc entrepris avec beaucoup de cœur, l’écriture de ce livre.

Cet exercice n’a pas été des plus simples mais je m’en sens aujourd’hui grandie. Je pourrai le définir comme, un long chemin que l’on parcourt dans un tunnel, tout en visualisant au bout la lumière du jour.

Ecrire pour nous

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L’appel de cette voix m’a aussi fait prendre conscience que dans ce que je vivais, ma personne n’était pas uniquement en jeu. Il était également question de «  nous ». Plus j’écrivais et plus je comprenais que mettre de l’ordre et accéder à l’équilibre, équivalait  aussi à se tourner vers soi et vers les autres. En d’autres termes, parce que mon expérience de femme trentenaire afro-descendante vivant en France, est à la fois singulière et commune à beaucoup d’entre nous, il m’a paru nécessaire de  partager mon récit de vie. L’objectif étant de permettre à chacun.e d’en tirer une analyse. J’espère d’ailleurs que parmi ceux et celles d’entre nous, qui me liront,  d’autres plumes insoupçonnées se révèleront et se feront suffisamment confiance pour franchir le pas.

En effet, bien que des initiatives existes déjà, j’ai le sentiment que nous manquons encore de textes qui nous racontent avec nos mots, nos réflexions, nos émotions, notre authenticité, notre humanité. Par conséquent, avoir la maîtrise de nos modes d’expression et les diversifier pour toucher, par tous les moyens nécessaires, un plus grand nombre d’entre nous, me semble être un enjeu de taille.

Si tu veux en savoir plus, je t’invite à découvrir mon prochain livre « S’aimer, confidences d’une Afro-consciente ».

Emma NDOE ESSONO