Si quelqu’un m’avait dit un jour, que j’écrirais un livre, je ne l’aurais jamais cru. Pourtant, petite fille c’était une activité que j’aimais faire à la maison et même à l’école. Cependant, aussi loin que je m’en souvienne, celle-ci n’a jamais été encouragée par ma famille ou le système éducatif. De plus, jusqu’à ce que je rentre dans le supérieur, je ne prenais aucun plaisir à lire les ouvrages qu’on me proposait. Ces textes décrivaient tant de choses qui me paraissaient être extérieures à ma personne. Par ailleurs, les auteur.e.s de ces œuvres étaient toujours affiché.e.s comme des personnes exceptionnellement brillantes, que j’avais assimilé l’idée qu’écrire ne m’était pas destiné. J’ai donc arrêté d’imaginer librement et de raconter des histoires pendant des années. Il a fallu que j’attende mes trente six ans pour me replonger dans cette dynamique. Depuis, j’ai réalisé deux livres qui sont en préparation. Alors, si tu te demandes, si toi aussi tu peux écrire un livre, voici mes  conseils.

Reconnaître ses qualités

Au-delà de réaliser que j’aimais écrire, en prenant un peu de recul, je me rends compte finalement que mon entourage m’a toujours sollicité pour cela. Je me rappelle notamment, que très tôt,  avec ma grand-mère Andrée, nous avions un petit secret que je dévoile aujourd’hui. En effet, c’est moi qui lui rédigeais la majorité de ses courriers. Que cela soit une lettre pour la sécurité sociale, une carte de vœux ou de vacances, elle prenait naturellement appui sur moi. Elle me reconnaissait des capacités à transposer ses pensées. Celles qu’elles n’arrivaient pas à déposer noir sur blanc, de peur que ses destinataires s’aperçoivent de son niveau de maîtrise de la langue de Molière.

Aussi, je prends conscience à présent qu’il en est de même avec mes ami.e.s.

De ce fait, lorsqu’elles et ils ont des productions écrites à réaliser dans le cadre de leurs études ou du travail, mon téléphone sonne systématiquement.

Je dois donc me faire à l’évidence que si moi, je ne l’avais pas perçu immédiatement, d’autres avaient identifié cette habileté.

Etre poussé.e par le besoin d’écrire

Ecrire est à mon sens, une activité qui satisfait un besoin à la fois mental et organique. Ecrire répond à la nécessité de (re)créer et s’exprimer autrement. Je pense également que le besoin d’écrire est motivé par le vivant qui s’agite à l’intérieur de nous. Autrement dit, l’expression de nos émotions, le langage du corps et l’énergie qui y circule. Me concernant, cet élan pour l’écriture m’est arrivé après une relation chaotique qui a duré douze ans. La colère, la tristesse, la peur se sont emparées de moi et ont commencé à m’asphyxier. Portée par la vie, j’ai ressenti dans ma chair, qu’il fallait que j’écrive pour pouvoir aller de l’avant et dénouer le confit qui se durcissait en moi. D’un point de vue intellectuel, j’ai aussi été guidée par le besoin d’écrire, car je comprenais que j’étais en quête de  sens. Je devais entamer ma propre introspection pour mettre de l’ordre dans ma vie.

Visualiser son projet d’écriture

Ecrire constitue un projet à part entière. Pour passer de l’idée au projet, il est donc fondamental de prendre le temps de répondre à ces fameuses questions : Quoi ? Qui ? Pourquoi ? Quand ? Où ? Comment ?

Tu n’es pas obligé.e de répondre à toutes les questions en même temps. Cela peut se faire de manière échelonnée. Cependant, lorsque tu auras décidé d’enclencher ton projet, je pense qu’il est primordial que tu aies répondu à ces six questions.

Quoi ? Equivaut à se demander qu’est-ce que je veux écrire ? S’agit-il d’un roman, un essai, une autobiographie, un recueil de poèmes, un livre pour enfants ?

Qui ? Répondre à cette question vise à déterminer son public. Par exemple, est-ce que je m’adresse à des adultes ou des enfants ? Il est aussi possible de segmenter davantage sa cible en fonction de l’âge, du genre, etc.

Pourquoi ? En d’autres termes, quel est mon objectif en écrivant ce livre ? Se poser cette question permet de déterminer la nature de son message. En général, il y a toujours un objectif principal (tourné vers son public) et des objectifs secondaires (tournés vers soi). Pour ne pas perdre de vue son fil rouge lorsqu’on écrit, il me semble important de les hiérarchiser dès le début.

Quand ? Se fixer un cadre de travail est nécessaire pour accomplir son projet d’écriture. Lorsque la question du « quand » est posée, c’est à la notion de temps que cela fait écho. A partir de quand je commence ? Quels délais je me fixe pour écrire ce livre ? A quelle fréquence j’écris ? A quel moment de la journée ?

Me concernant j’ai accouché de mon premier livre au bout de neuf mois. C’était l’objectif que je m’étais fixé. En revanche, je n’ai pas déterminé de fréquence particulière. J’étais plutôt à l’écoute de mon « moi » intérieur. Il y avait donc des jours où j’éprouvais le besoin vital de taper sur mon clavier pendant des heures. Tandis que d’autres jours, il fallait que je m’économise pour pouvoir retrouver l’énergie d’écrire. Telle une plante qui s’oxygène la nuit, j’avais pareillement constaté et ce depuis le lycée, que c’est à cette période, que j’étais la plus créative et productive. Une fois mon projet en tête, j’avais donc naturellement retenu ce créneau d’écriture pour mener à bien mon projet.

Où ? Se créer des repères au niveau de l’espace est également fondamental. Avoir un lieu spécialement dédié à cela est l’idéal. Cela peut être une pièce spécifique dans ton logement, un café où tu te sens bien, la bibliothèque de ton quartier, un parc peu fréquenté. Privilégier des endroits avec un faible passage et sans nuisances sonores, me semble toutefois essentiel.

Comment ? Cette question a pour objet de t’amener à réfléchir à la manière dont tu vas t’y prendre pour réaliser ton œuvre. Par exemple, certaines personnes éprouvent la nécessité de noter chaque jour leurs idées sur du papier, avant de passer à l’action. D’autres ont le besoin de participer à des ateliers de techniques d’écriture en parallèle de leur démarche. Quelques un.e.s partent d’une image pour susciter leur expression. Pour ma part, j’utilisais directement l’ordinateur pour rédiger mes écrits car cela me paraissait plus pratique pour structurer mon texte, revenir dessus et l’améliorer au fil de l’eau. Ayant fait le choix d’écrire mon propre récit de vie, j’ai pris conscience qu’il pouvait être douloureux d’écrire sur soi. Je me suis retrouvée à plusieurs reprises, totalement inerte et démunie face à mon écran blanc. C’est notamment en utilisant la musique, en particulier, des morceaux qui ont bercé mon enfance, que j’ai réussi à réactiver ma capacité à produire dans ces moments. J’ai alors compris, comme mes ancêtres, que dans ces moments laborieux, la musique devait toujours m’accompagner.

Selon moi, quatre choses sont, en somme, importantes à ce stade de ta réflexion.

  1. Définir un plan minimal de ton livre (les grandes parties ou les chapitres du livre).
  2. Repérer ce qui facilite ta capacité à écrire (écouter de la musique, être dehors, etc.).
  3. Sortir du cadre pour accrocher tes lecteur.rice.s, en évitant d’écrire de manière linéaire.
  4. Relire à voix haute tes écrits afin d’évaluer la justesse de tes phrases, le rythme du texte…

Une fois que tu as répondu progressivement à toutes ces questions tu peux, alors, noter les réponses et les afficher dans un lieu stratégique de ton domicile de manière à les voir tous les jours. Il est aussi possible de reprendre les six questions et de fermer les yeux quelques minutes afin de photographier dans ton esprit chacune de tes réponses. L’objectif est de créer une visualisation mentale par les images.

Solliciter les personnes ressources

Lorsque tu auras achevé l’écriture de ton livre. Je te recommande de te faire relire par d’autres personnes ressources. Constitue un premier comité de relecture en choisissant quelques proches de confiance qui ont l’habitude de lire, qui ont déjà publié un livre ou un article afin qu’ils puissent te faire des retours bienveillants, honnêtes et constructifs. Après avoir tenu compte des remarques que ce premier comité de relecture a formulées, rapproche-toi de personnes expérimentées dans le domaine de l’édition. Ils auront un regard extérieur qui t’aidera à prendre de la hauteur sur ton  texte.

Steeve Fola Gadet  

 Je te conseille en l’occurence, l’ouvrage de l’écrivain guadeloupéen Steeve Fola Gadet « Un jour j’écrirai : Motivations pour le faire vraiment ». Il propose aussi une Master class pour les jeunes auteur.e.s. Tu peux le contacter en allant sur son site : https://www.stevegadet.com/

Stécy Lancastre

Il y a également en Guadeloupe, Stécy Lancastre, une journaliste qui anime des ateliers d’écriture à distance. Tu la retrouveras sur Facebook et Instagram : @LaNouvelleSam.

Acèle Nadale

Pour la réalisation de mon premier livre, j’ai fait appel à la structure Afrolivresque. J’ai ainsi fait la connaissance d’Acèle Nadale, une charmante jeune femme d’origine camerounaise installée en Allemagne et passionnée de littérature. Acèle connait le secteur de l’édition comme sa poche. Elle m’a été d’une aide inouïe. Acèle m’a apporté des conseils dans le choix de ma stratégie d’édition. Par exemple : J’ai, entre autre,  bénéficié d’éclairages sur les avantages et les inconvénients de publier une œuvre en auto-édition ou en maison d’édition.

Je te recommande son site https://www.afrolivresque.com/ et son compte Facebook @Afrolivresque.

Tu possèdes à présent les bases pour te lancer dans cet extraordinaire projet qu’est l’écriture d’un livre.

Dans mon prochain article, je te raconterai pourquoi j’écris.